France : les acupuncteurs non médecins assimilés à des charlatans incompétents

 Réaction de l'OSMC à un article publié dans le journal SUD-OUEST le 08 octobre 2013

 

Dans un article publié sur le site internet du quotidien Sud Ouest, intitulé « Il faut se méfier des pseudo-acupuncteurs », (www.sudouest.fr/2013/10/08/il-faut-se-mefier-des-pseudo-acupuncteurs-1192347-1980.php), le journaliste Pierre-Manuel Réault ressort des critiques sans fondement contre les acupuncteurs non-médecins que l’on croyait d’une autre époque. Il est triste de constater qu’il ne sert ici que de caisse de résonance à une association, l’Adfi, qui est ni légitime, ni compétente pour juger nos confrères acupuncteurs et qui finalement n’est qu’un symptôme de la difficulté qu’a parfois la société française à évoluer.

Voici la réponse de l’Organisation Syndicale de Médecine Chinoise et de son président :

 

 

L’Adfi n’est pas compétente pour savoir ou même supposer si oui ou non la pratique de l’acupuncture exercée par un « non-médecin » constitue une dérive sectaire ou même un acte médical qui porterait préjudice à la personne.

 

Preuve en est la citation de M. Le Mao lorsqu’il évoque la stérilisation des aiguilles. Depuis de nombreuses années déjà, on utilise des aiguilles stériles A USAGE UNIQUE, que l’on soit médecin-acupuncteur ou acupuncteur non médecin, c’est la loi. Lorsqu'on sait que les acupuncteurs non-médecins ne sont pas dans une situation où une réglementation les protégerait, il faut s'attendre à ce qu'ils soient forcément plus attentifs aux réglementations sanitaires et se soucient de rester irréprochables au regard de l’exigence sanitaire, et c'est bien le cas! Nous en voulons pour preuve l'existence d'un «Guide de Bonnes pratiques en acupuncture» réalisé par une organisation professionnelle d’acupuncteurs non-médecins. Ce document n’a aujourd’hui pas d’équivalent dans le monde tant en termes techniques que sanitaires.

L’article du Sud Ouest évoque dans un style diffamatoire un portrait du praticien acupuncteur non-médecin qui serait un charlatan sans compétence et donc sans vertu, ni conscience sociale ou humaine. Vous oubliez que ces soit disant charlatans sont des citoyens comme vous, qu'ils ont une famille, payent des charges sociales, des impôts (dont la TVA, contrairement à toutes les autres professions de santé), votent, qu’ils ont la même conscience citoyenne que vous.

 

 

La pratique de l’acupuncture par des praticiens non « médecins » dûment formés dans le cadre de la nosologie et du corpus médical de la médecine chinoise est largement pratiquée en France depuis plus de 40 ans sans avoir jamais fait l’objet de plainte pour dérive sectaire ou de mise en danger de la personne. Les praticiens en médecine chinoise pratiquant l’acupuncture, la phytothérapie chinoise ou le Tuina bénéficient d’une formation solide qui n’a rien à envier aux D.U. des facultés de médecine.

 

La qualification de pseudo-acupuncteur que cet article rapporte est une atteinte à l’égalité des soins et une discrimination raciale à l’égard des praticiens chinois exerçant en France lorsqu’ils possèdent un diplôme universitaire de la R.P. de Chine. De plus, la grande majorité des praticiens non médecins qui ont suivi une formation de 4 à 5 ans en France bénéficient d’une expérience clinique en milieu hospitalier.

 

L’argument selon lequel l’acupuncture serait réservée aux seuls docteurs en médecine académique est infondé et déviant. L’acupuncture est une méthode relevant du corpus de la médecine chinoise en tant que système médical à part entière, non de la médecine conventionnelle. On ne saurait poursuivre un acupuncteur non médecin pour exercice illégal au sens du code de la santé publique sans occulter la liberté du patient à choisir le type de soins dont il souhaite bénéficier, et sans occulter le concept de «médecine CHINOISE» au sens d'une médecine ayant une nosologie propre. 

 

L’enquête dont se prévaut l’Adfi est insuffisante, incomplète et orientée. Tous les accidents connus ou relatés – même s’ils furent rares – provoqués par l’acupuncture ces 30 dernières années ont été produits par des médecin sacupuncteurs, non par des praticiens non médecins.

 

La réalité est la suivante : la pratique de la médecine chinoise par des professionnels qui ne sont pas passés par le cursus de la médecine occidentale en faculté est reconnue dans de nombreux pays en occident y compris chez certains de nos partenaires européens. En France, ces praticiens participent chaque jour à l’amélioration de la santé des patients à l’endroit même où la médecine académique n’obtient pas de résultats cliniques satisfaisants ou moyennant des effets iatrogènes importants. La pratique de la médecine chinoise bénéficie d’une innocuité séculaire SANS EGAL. L’acupuncture n’introduit dans la personne aucun élément exogène physique ou psychologique susceptible de porter préjudice à l’autonomie de la personne. Les suppositions de possibilités de dérive sectaire sont donc fantasques à cet égard. En sus, la pose intrinsèque de l’aiguille ne saurait porter un préjudice physique à la personne plus important s’il était pratiqué par un non médecin que s’il l’était par un médecin car elle nécessite, outre la technique, une connaissance anatomique préalable que l’on soit médecin ou non. Or ce n’est pas l’anatomie qui fait que l’on pratique la médecine ou non, c’est le diagnostic différentiel ; et celui-ci n’est pas le même que l’on pratique la médecine conventionnelle ou la médecine chinoise car leur sémiologie est différente et INCOMPARABLE, du moins dans l’exercice clinique.

 

Enfin, même s’il y a en France des médecins acupuncteurs qualifiés, expérimentés et compétents, ce n’est pas de loin la majorité. Ceux-là ont continué à se former EN DEHORS de la faculté, souvent par l’intermédiaire de formateurs non-médecins. Pour l’immense majorité des autres, ils se contentent du D.U. qui leur confère un «droit » alors même que le niveau ainsi que le nombre d’heures de la formation D.U. sont plus que médiocres lorsqu’on observe leur contenu du point de vue des fondements de la médecine chinoise.

 

Vous devez comprendre que les médecins acupuncteurs sont titulaires du titre de docteur en médecine au sens de la médecine occidentale. Les 440 heures de formation au D.U. ne peuvent pas leur conférer le même niveau d’expertise quant à la pratique de l’acupuncture en tant que méthode afférente à la nosologie médicale de la Médecine Chinoise.

 

Alors que signifie cet article, sinon que des associations et des média soit disant responsables refusent de voir un système de santé en déroute et scotomisent totalement la réalité sociale ; que les citoyens se tournent aussi vers d’autres méthodes de soins parce que C’EST LEUR DROIT, que des praticiens « non-médecins » au sens que leur donnent les autorités de santé exercent une médecine différente avec éthique et professionnalisme et ne bénéficient ni de l’EGALITE sociale par rapport aux autres soignants «officiels» ni de la LIBERTE d’exercer alors même que la majorité de la population qui les consultent trouve une réponse à ses problèmes de santé.

 

Posez-vous la question : où se situe vraiment le sectarisme? Ignorez-vous qu’un docteur en médecine qui aurait suivi un cursus de médecine chinoise orientation acupuncture de 5 à 10 ans en Chine peut être radié de l’ordre ou poursuivi pour exercice illégal de l’acupuncture s’il exerce en France? Quel pré carré protégez-vous ?

 

Eu égard à la situation de nombreux acupuncteurs non «médecins» dans le monde occidental, la position de l’Adfi telle qu’elle est décrite dans cet article est discriminatoire et s’oppose au principe fondamental d’égalité professionnelle.

 

L’Adfi ignore que, devant cette incohérence française, des organisations professionnelles de praticiens non médecins telles que l’OSMC, la FNMTC, l’UFPMTC, le CSNAT, et d’autres ont dû se constituer civilement et construire volontairement et bénévolement sans aucun appui de l’autorité médicale officielle une autonomie technique et déontologique dans le souci de préserver la liberté et l’autonomie de la personne soignée.

 

Vous devez comprendre que ces organisations de praticiens non médecins se sont formées devant l’incapacité des autorités de santé à avoir une quelconque volonté d’intégrer les pratiques médicales non conventionnelles dans le système de santé français, non pour des raisons de santé des populations mais pour des raisons politiques et économiques. L’autorité médicale française porte toute la responsabilité de la situation des non médecins en France, car elle n’a pas eu la volonté de prendre en compte ces professions dans le paysage social, mais elle a montré au contraire une attitude d’opposition systématique au regard de la pratique des médecines non-conventionnelles, dont l’acupuncture pratiquée par des non-médecins, ceci dans le seul but de protéger une hégémonie professionnelle sans aucune considération pour une quelconque amélioration de la santé par des méthodes de soin différentes.

 

Ce que vous devez encore comprendre, c’est que ce n’est pas en condamnant des praticiens acupuncteurs non médecins pour exercice illégal de la médecine que la situation réglementaire des médecines non conventionnelles évoluera en France. Mais c’est plutôt en incitant les parquets à prononcer une série massive de relaxes qu’inévitablement le législateur se trouvera contraint à prendre la mesure d’une réalité professionnelle et sociétale incontestable à l’image de ce qui existe déjà dans de nombreux autres pays occidentaux.

 

 

 

Ce que l’adfi ignore encore par insuffisance d’enquête, c’est que le haut niveau aujourd’hui dans la pratique de la médecine chinoise, que ce soit en acupuncture, en phytothérapie ou en tuina, en Chine ou en France, est majoritairement détenu par des praticiens qui n’ont pas le titre de docteur en médecine conventionnelle et qui n’ont pas suivi le cursus de la médecine conventionnelle mais qui ont suivi des cursus spécifiques en médecine chinoise, ces formations n’existant pas dans les facultés françaises. De nombreux praticiens non «médecins» pratiquent depuis des années, se forment en permanence, quelques uns dont le nombre augmente chaque année sont titulaires de diplômes universitaires chinois allant de la licence (5 ans à TEMPS COMPLET) au doctorat (9 à 10 ans), d’autres sont engagés dans la recherche et l’enseignement. Croyez-vous que ces gens là, non «médecins», soient des pseudo-acupuncteurs, des charlatans ? L’immense majorité de la littérature médicale chinoise en acupuncture dans les langues occidentales est écrite et traduite par des professionnels «non médecins», et cela pour ne parler QUE de l’acupuncture. Comment peut on sérieusement ignorer cela ?

 

 

La réalité est qu’il ne s’agit pas de limiter la pratique de l’acupuncture aux seuls docteurs en médecine, ni de leur dénier la possibilité de s’y former puis de l’exercer, mais qu’il s’agit de reconnaître l’existence et la compétence technique et déontologique de l’acupuncture exercée par des praticiens qui ont une formation DIFFERENTE de la formation médicale classique.

 

Selon une association de médecins acupuncteurs, il y aurait 7000 acupuncteurs non médecins en France. Si tel est le cas, la France entière est gouvernée par une secte !

 

 

L’argument de la capacité à passer à côté d’une pathologie grave parce qu’on ne serait pas médecin est utopiste au motif que les patients qui consultent un acupuncteur non médecin ont le plus souvent déjà consulté en médecine conventionnelle pour le même motif, et quasiment toujours plusieurs médecins ; les acupuncteurs non médecins sont formés au diagnostic d’exclusion, aucun pneumothorax à ce jour n’a été pratiqué par un non-médecin-charlatan-incompétent mais bien par des docteurs en médecine, l’occultation d’une pathologie grave touche plus les médecins que les non médecins, la dernière confusion entre une douleur épigastrique haute et un infarctus latent, n’est pas le fait d’un acupuncteur non-médecin connaissant la médecine chinoise, car il est encore quelques domaines où le diagnostic différentiel en médecine chinoise est plus pertinent que celui de première intention en médecine conventionnelle.

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